Lundi 9 mars 2009
1
09
/03
/Mars
/2009
16:58
L’île
Ce jour-là, je portais en moi la cendre d’un
instant de grâce brûlé par une lointaine saison que je n’ai pas effacée. Elle était encore chaude et contenait le parfum du souvenir. La braise qui entretenait ce moment s’est éteinte un
soir alors que je longeais du regard le bras mort du fleuve à qui j’étais venu confier les chuchotements de mon âme.
Vers la fin du bras mort, il est une île. On y vient pour semer des fragments de rêves, cueillir
des bouquets aux senteurs de quiétude. Une île à l’abri des regards. On y accède par un sentier que prolonge un petit pont de vieux bois dissimulé dans les taillis. Un petit pont en
demi-lune fragile : faut l’enjamber les pieds nus.
Au cœur de l’île, un lac s’endort. Un lac nourri par les larmes des arbres et des étoiles qui, une
nuit, auraient pleurés en souvenir d’un vaincu ve
nu de loin entendre une légende.
C’est une île étrange qui évoque des jours suspendus par la nostalgie
Une île étrange qui fait palpiter le passé
Une île étrange qui veut mettre fin à l’Odyssée de ma mélancolie
A l’approche de la nuit tombée, la senteur fluide de l’eau monte en moi comme montaient en moi les
brûlures d’un chant lointain que transporte le vent d’équinoxe.
A la nuit tombée, une suavité évasive fait trembler mes paupières et couvre d’un léger manteau le mystère de
l’île.
Ce lieu est une œuvre ciselée par les saisons.
Protégée par une langueur retenue dans le silence, l’île, à la tombée de la nuit,
s’endort.
Elle dort d’un sommeil qui évoque l’absence,
Elle dort protégée par les murmures de la digue,
Elle dort comme oubliée par le temps
Derniers Commentaires